Le coût de l’absentéisme ne se limite pas aux journées d’absence. Pour un établissement socio-éducatif, il se répercute aussi sur l’organisation du travail, la charge des équipes et la continuité de l’accompagnement.
L’absentéisme n’est pas qu’un simple indicateur RH. Il peut être le symptôme de difficultés plus profondes : surcharge de travail, stress chronique, épuisement professionnel, perte de sens ou fragilisation du management de proximité.
Au-delà des chiffres, l’absentéisme affecte les équipes, les bénéficiaires et la qualité des accompagnements proposés.
Une réalité préoccupante en Suisse
En Suisse, les absences au travail pour des raisons de santé représentent un enjeu important pour les employeurs.
Selon l’Office fédéral de la statistique, les salariés à plein temps ont enregistré en moyenne 8,5 jours d’absence pour maladie ou accident par emploi en 2024, contre 7,6 jours en 2023.
Dans le secteur médico-social, les données de SolBra permettent également de mieux comprendre cette réalité. Son analyse des absences en 2024 porte sur un panel de 110 établissements.
Dans ce panel, les maladies représentaient 86 % des jours d’absence recensés.
Ces données illustrent l’importance des absences pour les organisations. Elles ne décrivent toutefois pas à elles seules la réalité de chaque établissement socio-éducatif.
La santé psychique : un signal d’alerte
Le stress professionnel constitue un enjeu important pour la santé au travail en Suisse.
Selon les données de l’Enquête suisse sur la santé reprises par TravailSuisse dans son analyse du stress et de l’épuisement professionnel, 23 % des travailleurs déclarent ressentir le plus souvent ou toujours du stress au travail. Cette proportion a augmenté de 28 % en dix ans.
Dans les métiers de l’accompagnement humain, où l’engagement émotionnel et relationnel est élevé, ces enjeux méritent une attention particulière.
Les professionnels sont quotidiennement confrontés à des situations complexes, parfois exigeantes sur les plans émotionnel, relationnel et organisationnel.
Lorsque les ressources individuelles et collectives ne suffisent plus à absorber la pression, les conséquences peuvent apparaître progressivement.
Il devient alors essentiel de s’intéresser non seulement aux absences déclarées, mais également aux conditions de travail et aux dynamiques qui se développent au sein des équipes.
Le coût de l’absentéisme : un enjeu économique
Le coût de l’absentéisme représente également un enjeu financier pour les établissements socio-éducatifs.
Une analyse publiée en novembre 2025 dans La Vie économique estime les pertes de production liées aux absences pour maladie ou accident en Suisse à environ 12 milliards de francs en 2024. Cette estimation concerne les pertes de production à l’échelle nationale et ne représente pas le coût total supporté par les employeurs.
Pour les institutions, les conséquences peuvent notamment se traduire par :
- des coûts de remplacement ;
- une charge accrue pour les équipes présentes ;
- des heures supplémentaires et une réorganisation du travail ;
- une perte de continuité dans les accompagnements.
Les effets ne sont donc pas uniquement financiers. Ils peuvent également affecter le fonctionnement quotidien de l’établissement et les conditions de travail des collaborateurs.
Pour approfondir le sujet, consultez l’analyse de La Vie économique sur l’évolution des absences au travail en Suisse.
Le coût de l’absentéisme : des conséquences humaines
Réduire l’absentéisme à une question financière serait une erreur.
Chaque absence peut générer des effets en cascade :
- une surcharge pour les collègues ;
- une désorganisation des équipes ;
- des difficultés de continuité auprès des bénéficiaires ;
- une perte de repères ;
- une augmentation du risque de turnover.
Avec le temps, ces phénomènes peuvent fragiliser la cohésion des équipes et alimenter un cercle difficile à interrompre.
L’absentéisme n’est pas nécessairement le problème en lui-même. Il peut aussi constituer un indicateur d’un déséquilibre plus profond au sein de l’organisation.
Et si le véritable enjeu était le management de terrain ?
Dans de nombreuses situations, les difficultés apparaissent bien avant l’arrêt maladie.
Les premiers signaux sont souvent discrets :
- une équipe qui communique moins ;
- des tensions qui s’installent ;
- une fatigue persistante ;
- une baisse d’engagement ;
- un sentiment d’isolement chez certains collaborateurs.
C’est précisément à ce niveau que le management de proximité joue un rôle essentiel.
Un manager soutenu, outillé et présent peut contribuer à :
- renforcer la qualité des relations ;
- détecter plus rapidement les signaux faibles ;
- favoriser un climat de confiance ;
- prévenir certaines situations d’épuisement.
L’objectif n’est pas de supprimer toutes les absences. Il est de créer les conditions permettant aux équipes de rester engagées, soutenues et capables de faire face aux défis du quotidien.
Les données de l’Observatoire suisse de la santé sur les absences du personnel de soins et d’accompagnement apportent également un éclairage sur les absences dans ces secteurs professionnels.
Chez Kairos
Chez Kairos Conseil, je suis convaincue qu’il est possible de ne plus opposer l’humain et la performance.
Comprendre les mécanismes qui contribuent à l’absentéisme est une première étape. La suivante consiste à aller sur le terrain, observer les dynamiques réelles, écouter les équipes et accompagner les managers dans leur rôle.
Parce qu’agir au bon moment permet souvent d’éviter que les difficultés ne deviennent des crises.
Découvrez notre approche sur la page d’accueil de Kairos Conseil.
